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"Pendant tout le temps qu'elle avait été là, il avait vécu de cette vie de l'extase qui suspend les perceptions matérielles et précipite toute l'âme sur un seul point." Hugo, Les Misérables, Marius.

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Dimanche 11 mai 2008

Pour amorcer une petite seréie d'articles consacré au thème de l'eau, je vous propose une rveue d'un article paru cette semaine dans la revue Science, consacré à cette question:
 Comment le sahara est-il devenu sec?
Une équipe allemande est parvenu à nous renseigner grâce à une étude approfondie des sédiments d'un lac du Tchad




Science 9 May 2008:
Vol. 320. no. 5877, pp. 765 - 768
DOI: 10.1126/science.1154913

Research Articles

Climate-Driven Ecosystem Succession in the Sahara: The Past 6000 Years

S. Kröpelin,1* D. Verschuren,2 A.-M. Lézine,3 H. Eggermont,2 C. Cocquyt,2,4 P. Francus,5,6 J.-P. Cazet,3 M. Fagot,2 B. Rumes,2 J. M. Russell,7 F. Darius,1 D. J. Conley,8 M. Schuster,9 H. von Suchodoletz,10,11 D. R. Engstrom12

Desiccation of the Sahara since the middle Holocene has eradicated all but a few natural archives recording its transition from a "green Sahara" to the present hyperarid desert. Our continuous 6000-year paleoenvironmental reconstruction from northern Chad shows progressive drying of the regional terrestrial ecosystem in response to weakening insolation forcing of the African monsoon and abrupt hydrological change in the local aquatic ecosystem controlled by site-specific thresholds. Strong reductions in tropical trees and then Sahelian grassland cover allowed large-scale dust mobilization from 4300 calendar years before the present (cal yr B.P.). Today's desert ecosystem and regional wind regime were established around 2700 cal yr B.P. This gradual rather than abrupt termination of the African Humid Period in the eastern Sahara suggests a relatively weak biogeophysical feedback on climate.




Localisation

Image:LocationChad.svg



Il y a 14800 ans, la mousson africaine d'été s'est renforcée et a conduit à une élévation générale du niveau des lacs nord africain, qinsi que le développement de savanes et régions enherbées dans des zones actuellement désertes. Cette période s'appel le "sahara vert".
 Kropelin et al, auteurs de et article, ont étudié les sédiments d'un lac tchadien qui a a enregistré sans interuption les modifications climatiques de la région, révélant ainsi les mécanismes ayant conduit à la fin de cet épisode "sahara vert" où le sahara resemblait ^surement à notre sahel actuel.

 Les sédiments des lacs nous informent sur la taille du lac dans des temps plus reculés, et préserve également les pollens, reeignant donc sur le type de végétation à un moment donné. La végétation étant sensible au climat, on peut ainsi reconstruire les conditions climatique et écologique à partir de ces enregistrements sédimentaires.
Pourtant, tous les lacs n'ont pas la "qualité" d'avoir enregistré en continu les derniers 10000 ans, période qui a vu cette transition humide->sec du sahara. Avec les sédiments des océans on peut avoir une chronologie sans "trous", mais on obtient plutôt des informations moyennées sur une très vaste région. On ne peut donc pas bien comprendre ce qui se passe dans une région limitée. Enfin, des modèles climatiques "sur ordinateurs" permettent de simuler des évolutions, mais comme expliqué dans le post précédent, ils ont besoin de données de terrain pour être calibré, sans quoi ils ne sont d'aucune utilité.

 En général, on considère que cette période humide s'est arrêté entre 4000 et 2000 ans av JC. Cette étude vient remplir ces "trous" dans la chronologie. En effet, ils ont étudié les enregistrement sédimentaires d'un lac, le Lac Yoa, de la région. Celui-ci a pu enregistrer en continu les derniers 11500 ans d'évolution climatiques et écologiques. Je précise bien "climatique et écologique" car justement, ils mettenten évidence que le couplage entre les deux reste encore à être compris (chose qu'on croyait fait: l'idée est que la végétation, le couvert végétal influe directement sur le climat, on parle de "retroaction" ). Ce lac ne s'est jamais aséché car il est alimenté par des eaux souteraines (qu'on appel parfois nappes phréatiques).

 Comment "voir ces changements"?

 Tout d'abord, ils ont étudié la composition en diatomées (organismes microscopiques) dans les sédiments, ceux ci renseignant sur la salinité du lac (certaine sdiatommées sont plus ou moins présente lorsque l'eau est plus ou moins salée) . L'idée est que salinité est équivalent à précipitations (plus il pleut, plus l'eau est diluée, donc moins elle est "salée"...en gros, voici le principe).

Ensuite, on étudie le contenu des sédiments en poussières atmosphériques (on le fait grâce à des études magnétiques sur les grains recueillis: si leur "signal" diffèrent du signal moyen dans le lieu à une époque donnée, on déduit qu'ils ont été transporté par le vent...) . Ceci renseigne sur le régime des vents aux différentes époques ainsi que sur le couvert végétal dans la zone.
On a donc avec les diatomés, les grains de pollens et les poussières intrus magnétiques l'histoire climatique.

 Ensuite, ils ont étudié, dans les même sédiments, les grains de pollens: ceux-ci, étant dispersés par le vent, renseignent quant à eux sur la végétation environnante.

 Résultats?:

 1: il y a eu un changement graduel de la végétation (diminuation) et du flux de poussières atmosphériques (augmentation) depuis 6000ans.
 2: l'importance des moussons a diminuée légèrement depuis 6000ans (donc les pluies ont diminuée légèrement)
 3: la salinité du lac, par contre (diatomées...) a par contre augmenté abruptement il y a 4000 ans!

 L'interpétation est que cette augmentation de salinité n'est pas du au climat (vu que les moussons ont baissé progressivement, donc la concentration dans le lac aurait du augmenter doucement...) mais à un changement de régime du lac (il était exoréique, donc des rivières partaient du lac pour se jeter dans la mer, et est devenu endoréique: le lac est isolé, plus relié à le mer).
 L'augmentation légère des flux de poussières et cohérent avec la diminution de la végétation (qui retient ces poussières avec les feuilles). Donc ces auteurs pensent que le changement fut graduel, et que si les modèles climatiques, qui se calibrent sur les flux de poussières dans les océans, sont exact et prédisent un changement abrupte, le couplage entre végétation et climat ne doit pas être aussi clair que l'on pensait jusqu'à présent.

 Comme quoi, n n'a pas fini d'entendre parler de biogéochimie (couplage biologie, chimie, géologie) et de climat.

 Par cette étude, je vous présente quelques méthodes utilisés par les scientifiques pour vous donner des informations sur le climat du passé. Retenez diatomés, pollens et poussières atmosphériques!

 Bonne journée!

 Matteo

Par Matthieu Emmanuel - Publié dans : revue de presse scientifique
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