Géant Vert

Mots en chemin

 "Comme les géologues étudient la Terre, l'argot apparaît comme une véritable alluvion." Hugo, les misérables, l'Idylle et l'épopée.

"Pendant tout le temps qu'elle avait été là, il avait vécu de cette vie de l'extase qui suspend les perceptions matérielles et précipite toute l'âme sur un seul point." Hugo, Les Misérables, Marius.

Samedi 3 mai 2008

 Salut à tous,

 Je reviens avec un nouvel article qui j'espère sera informatif et utile.   Au cours d'une conversation avec mon frère j'ai eu l'impression que faire profiter aux lecteurs du blog des dernières news scientifiques (auxquelles j'ai accès dans toutes les revues de Science véritable) seraient une chose originale.
 Par ailleurs, étant étudiant en science de la Terre, et étant interessé par la communication scientifique, je me ferai un plaisir de commenter certains des articles que je choisirai. Je prendrai le soin à chaque fois de vous présenter les limites d'un point de vue en vous redirigeant, le cas échéant, vers un autre site. Autant que faire ce peu, je m'éfforcerai Ã  chaque fois de donner mes sources, et je vous y renvoirai par l'intermédiaire d'un lien indiqué par l'inévitable "Source:" . 

 Je choisi aussi de ne pas "interrompre" l'auteur dans le crops de l'article. Les études interlinéaires me parraissent utiles dans certains cas mais risquent aussi de sortir certains propos de leur contexte. Ne prétendant pas donner de leçon à ceux dont je propose une critique, je décide de les laisser conclure leur idée avant de vous proposer mes propres références et éclaircissements. La seule encartade à la règle que je m'autoriserai sera afin de vous donner la matière scientifique sur laquelle se base un auteur: graphiques ou autre. Ceci devrait vous permettre de suivre le raisonnement avec encore plus de justesse que dans le journal dont j'ai extrait l'article.

 Pour ce premier article, j'aborde un sujet passionnant et d'actualité qui est le changement climatique. Ce phénomène confirmé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (
http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/syr/ar4_syr_spm.pdf) est basé sur des observations à l'échelle de la planète.
 Comme vous avez pu le constater ces dernières années, une vive polémique anime à la fois la communauté scientifique (il en est qu'à voir les conversations internes aux laboratoires sur le sujet) et le milieu politique. 

 Ma sensation est que le débat n'est pas tant sur les observations, sur les faits, que sur la manière de les présenter et d'en parler. De ce fait, on se situe à la limite entre la Science des observations, et l'éthique (prise comme
morale de l'action
) des sciences. A l'inverse de ce que peuvent laisser penser certains articles extrêmement véhémant à l'encontre de Claude Allègre, il me parraît utile de resituer l'objet des débats, de préciser éventuellement les interêts de chacun des partis. Les propos qui vont suivre n'engagent que moi, et je me considère, en tant qu'étudiant en Science, investi d'une mission morale/éthique aussi bien que scientifique, et c'est là le centre de mon argumentation.

 Je ne peux m'empêcher de signaler qu' écrivant cet article, je pense sincèrement entrer dans le jeu et de l'auteur M. Allègre et du journal qui lui commande cet article, Le Point. Les ventes sont relancées, un Homme ayant vu sur un ministère est de nouveau dans le vif des conversations et le débat n'avance pas d'un pas, sa crédibilité scientifique n'étant point remise en cause, lui même Ã©tant déjà Prix Craaford (équivalent du prix Nobel en Sciences de la Terre).


 
 Article du Point,
Samedi 27 mars 2008
 Thème: environnement, enjeux globaux
 Source:
http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/climat-allegre-relance-la-polemique/1055/0/232678
 Contexte:


                                             Issue du rapport du Giec 2007



Climat : Allègre relance la polémique

Il n’y a pas de réchauffement climatique, mais un changement climatique. Pour preuve, la baisse moyenne des températures en 2007. Un constat à contre-courant des idées reçues.

«Un millier de personnes sont mortes dans des tempêtes de neige durant l’un des plus rudes hivers d’Afghanistan » « L’Acropole d’Athènes était couverte de neige dimanche et restait fermée pour les touristes en raison de fortes chutes de neige, un phénomène peu fréquent pour la capitale grecque. » « C’est un véritable chaos climatique que doit affronter la Chine en cet hiver 2008. La moitié sud du pays connaît des nuits de gel jamais observées en plus d’un demi-siècle. » En fait, les dépêches d’agence faisant état de froid extrême et de chutes de neige intempestives n’ont pas cessé de se succéder depuis le mois d’août. Ce furent d’abord neige et froid en Argentine en septembre, neige dans le sud des Etats-Unis en novembre et décembre, froid polaire au Canada et dans le Middle West, puis neige en Jordanie et en Iran ; en Sibérie, le thermomètre a battu cette année des records à-60 °C. L’Amérique du Nord a enregistré les plus fortes chutes de neige depuis cinquante ans. Les records ont été battus dans le Minnesota, le Texas, la Floride, l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Argentine et le Chili. Il ne s’agit pas seulement d’impressions fugitives régionales, superposées. Les très officielles et respectées agences Hadley Center, Nasa, GISS ont effectivement confirmé que l’année 2007 avait été caractérisée par une chute des températures de 0,60 à 0,75 °C, une valeur qui annule en un an l’augmentation moyenne de températures depuis vingt ans. Nos Alpes n’ont pas échappé à l’enneigement à la grande joie des professionnels et des amateurs de sports d’hiver.


Petit intermède avec les sources mentionnées dans l'article:
A gauche: changement de température globale depuis 1890 par rapport à la période 1951-80 (prise égale à 0).
A droite: Anomalies de température pour l'année 2007 (moyenne) par rapport à la même période.

 

Fig1_2007annual_s_4














Source: http://www.giss.nasa.gov/research/news/20080116/

Figure 3 (figure dont parle Claude Allègre lorsqu'il mentionn la "baisse de température". Je ne retrouve pas l'original c'est pourquoi je vous oriente vers ce site. ):
http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/ecologie/actu.asp?id=468948




Mais qui parle de cela ? On assiste parfois à des spectacles ubuesques où des commentateurs de télévision ou de radio mentionnent tranquillement la neige à Bagdad (inconnue dans les annales histo-riques depuis les Babyloniens) et quelques minutes après parlent sans sourciller des dangers du réchauffement climatique. Auraient-ils les lunettes embuées ? N’auraient-ils pas pu d’eux-mêmes décider désormais de parler de changement clima-tique plutôt que de réchauffement ? Ne serait-ce pas pour le moins prudent ?

Car l’évidence est là. Oui, il y a incontestablement un changement climatique. Les rythmes du climat sont bouleversés, l’inattendu devient banal, les situations extrêmes deviennent normales. Ce sont là les caractéristiques essentielles de ce changement : la multiplication des tempêtes, des canicules, des inondations, des cyclones, des grands froids. En quelques jours, en un même lieu, se succèdent le chaud et le froid, les inondations et la sécheresse, etc.

Dans ce changement, rien n’est général, tout est local, tout est incertain, tout est chaotique et l’interprétation des observations concrètes n’est pas une chose aisée. Leur extrapolation encore moins.

Prenons par exemple le niveau de la mer, étudié désormais avec précision depuis 1993 grâce aux merveilleuses techniques satellitaires dans lesquelles l’équipe française d’Anny Cazenave à Toulouse tient le premier rôle mondial. Non seulement les variations du niveau des océans n’ont rien à voir en amplitude avec celles présentées dans le film d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », mais elles sont très variables suivant les régions. Le niveau de l’océan monte en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais il descend en Californie. Ces montées et descentes sont variables avec le temps. Mais, pour avoir une vue réelle de l’effet total de ces phénomènes sur les côtes, il faut combiner ces mouvements avec les mouvements tectoniques. En un lieu donné, les variations du niveau de la mer résultent de la superposition de deux phénomènes, eux-mêmes complexes : le niveau de la mer absolu et les mouvements tectoniques. Ainsi, dans les îles océaniennes du Pacifique, les volcans s’enfoncent sous leur propre poids alors que les ceintures de corail restent toujours en subsurface. Résultat, il y a successivement des volcans autour d’un lagon (Tahiti, Moorea), un volcan arasé entouré d’un lagon (Bora Bora) on une ceinture de corail entourant un volcan sous-marin. Cela n’a rien a voir avec la montée du niveau de la mer, mais relève d’un phénomène géologique appelé effet Guyot et étudié par Darwin au milieu du XIXe siècle.



 Petit encart sur la variation du niveau de la mer mesurée par altimétrie radar, ce qui signifie qu'un satellite mesure la distance d'un point à sa position fixe au cours du temps.

http://www.legos.obs-mip.fr/fr/equipes/gohs/resultats/b1_nivmer1


L’exemple du Kilimandjaro. Un autre cas est celui des deltas, où alternent les phénomènes d’ensablement qui font reculer les côtes et des phénomènes de tassement qui à l’inverse donnent l’impression que le niveau de la mer monte : les deltas du Mississippi, du Bangladesh ou l’embouchure de l’Escaut sont des exemples bien étudiés. Mais sans rapport avec le climat. Extrapoler tout cela à cent ans est un exercice illusoire tant il y a d’incertitudes. Prenons un autre exemple, les neiges du Kilimandjaro, qui déclinent. J’avais été vilipendé il y a un an par quelques journalistes militants pour avoir écrit qu’on ne pouvait en tirer aucun enseignement quant au réchauffement global. Aujourd’hui, deux éminents spécialistes, membres du GIEC (donc « respectables » !), Philip Mote et Georg Kaser, publient dans la revue Pour la science (décembre 2007) un article dont le sous-titre est « Le recul des glaciers du Kilimandjaro n’est pas imputable au réchauffement global de la Terre »... J’ai commis le crime d’en parler trop tôt !

Le changement climatique, c’est d’abord l’émergence des extrêmes climatiques dans un contexte d’incertitude total, comme je l’écris depuis quinze ans. Je ne crois pas aux prédictions climatiques à un siècle, pas plus que je ne crois aux prévisions économiques à long terme. Quelle que soit la puissance des ordinateurs utilisés ! Je crois que ces systèmes sont trop complexes pour qu’on puisse prévoir leurs comportements à long terme. Est-ce un crime au pays de Descartes d’exprimer un doute sur des prédictions que contredisent les faits ? Y aurait-il une vérité officielle, comme dans les pays totalitaires ? Les journalistes militants ont-ils le droit de cacher l’information telle que nous la donnons aujourd’hui ?

La cause du changement climatique ? Je ne la connais pas. Certains de mes collègues, spécialistes sérieux, pensent, et ils ne sont pas les seuls, que le Soleil joue un rôle éminent dans ce processus. Ce ne serait pas étonnant. Mais, qu’ils aient raison ou non, faut-il pour autant les clouer au pilori médiatique en employant les mêmes termes infamants que les médias français employaient contre Einstein en 1930 sous prétexte qu’ils ont une interprétation originale des observations ? La science a besoin de débats libres, sans interférences, sans arguments d’autorité, surtout lorsqu’ils sont d’origine politique. La science n’a que faire des ayatollahs, fussent-ils « adoubés » par l’Onu : la société encore moins. Réduire l’accroissement de CO2 dans l’atmosphère est une démarche utile (et pour ma part je travaille au stockage géologique du CO2), mais en aucun cas suffisante, contrairement à l’idée que les thuriféraires du Global Warming propagent, car dans les cinquante prochaines années rien n’arrêtera un changement climatique, imprévisible dans ses caprices. Le maître mot pour la société est adaptation. Le Congrès des Etats-Unis (à majorité démocrate), qui visiblement est sensible aux réalités, vient d’ailleurs de mettre en garde contre « les vérités qui effectivement dérangent » la réalité : le froid est plus dangereux que la chaleur, il tue plus de monde, il est plus nocif pour l’économie, dit-il. Il faut donc se préparer aux situations extrêmes, aux inondations autant qu’aux sécheresses, aux vagues de chaud comme de froid. Ceux qui par dogmatisme ou par militantisme aveugle font croire le contraire et que le seul problème concerne les émissions de gaz à effet de serre porteront une responsabilité historique face aux catastrophes futures qui me paraissent, hélas, inévitables, faute d’action !


 Débat:
J'ai inclu les données d'élévation de la température (moyenne anuelle) de l'agence dont parle M. Allègre. On y constate très clairement l'anomalie positive de température moyenne annuelle en 2007 par rapport à une référence nulle prise entre les années 1951-1980. 
 Je vous ai également donné les données acquises par le laboratoire l'altimétrie spaciale de Toulouse (Mmme Cazenave est correspondante de l'Académie des Sciences: imaginez l'ambiance alors que Claude Allègre en est membre. D'autre part, comparez le type d'argument d'Allègre avec la qualité scientifique ds travaux que vous verrez sur le site du LEGOS) que fustige M. Allègre. Ils publient la carte des anomalies thermiques de la surface des océans. 

 Concernant les données d'élévation de température, elles sont observées avec barres d'erreur à l'appui, je vous renvoi aux très sérieuses étude du GIEC qui n'a rien à voir avec un Ayatolla de la Science.  Comment donc comprendre cette remarque de Allègre concernant l'année 2007 au vu de la déclaration de ce responsable du centre Hadley que Allègre prétend justement citer:

"As we predicted last year, 2007 was warmer than 2006, continuing the strong warming trend of the past 30 years that has been confidently attributed to the effect of increasing human-made greenhouse gases," ,
James Hansen, directeur du NASA GISS. 
Source
:
http://www.giss.nasa.gov/research/news/20080116/
 
L'un de ces deux directeurs auraient donc tord étant tout deux en possession des mêmes courbes (que vous avez également sous les yeux!) . En réalité, Allègre ne considère que les données de Janvier 2008 qui étaient effectivement (voir figure 3 dans l'express) sont beaucoup plus faible que la tendance actuelle. Comparant ces données de Janvier avec celles de Janvier 2007, il interpolle et conclue à la baisse de la température sur 2007. Arrêtons nous là sur les chiffres et données.
Cette déclaration est de l'ordre de la malhonneteté intellectuelle. Comme je l'ai dis, M. Allègre (que j'ai eu en cours à Paris et dont j'ai pu observer la remarquable qualité pédagogique et scientifique, ce qui est rare chez nos professeurs en ce qui concerne la pédagogie) est Prix Craaford de Géologie, autant dire que ses qualité scientifique sont indéniables, et que nous pouvons être ABSOLUMENT certain qu'il a parfaitement compris les courbes que vous avez sous les yeux, y compris celles qu'il manipule. Ce qu'il fait est simplement glisser une imprécision (au lieu de parler de Janvier à Janvier, il parle de 2007) dans son propos qui induit ses lecteurs non averti dans l'erreur (pas lui...) concernant ses propres positions. 

 Les données mentionnées dans ce premier paragraphe confirme donc les tendances actuelles (records de chaleur en 2007...) . Ce paragraphe est le théâtre d'un jeu de manipulations de termes à des fins que je laisse à l'appréhension des lecteurs.

  Claude Allègre prétend confirmer son propos en mentionnant les travaux d'une équipe de chercheurs de Toulouse. Je vous ai donné un lien sur leur résultats et leurs méthodes. Vous comme moi devons reconnaître que celà est rigoureux. Lorsque je lis cet "effet Guyot", en plus de m'émouvoir car effectivement c'est Darwin qui en élucida le mécanisme (Lire son Voyage d'un naturaliste autour du Monde)  en observant les récifs corraliens, je ne peux comprendre comment mon professeur peut se permettre d'un tel mépris vis à vis de sa collègue future académicienne comme lui.
 Un argument d'ordre historique très vague révélant quasiment une méconnaissance de la technique l'altimétrie spaciale (qui n'a rien à voir avec la tectonique des plaques, et vous savez combien j'y tiens)... est rétorqué à des études scientifiques par une équipe sérieuse. Je ne peux pas admettre celà.
 Voici à l'appui les propos de la concernée sur ces données:

"Il y a certes des endroits où le niveau de l'océan baisse et d'autres où il monte. Mais ces derniers étant beaucoup plus étendus et nombreux, le niveau moyen monte depuis 1993 de 3,3 millimètres par an, contre environ un millimètre par an au début du 20ème siècle."
Pour Anny Cazenave, "la moitié de cette élévation du niveau marin est provoquée par la dilatation thermique de l'océan en raison de son réchauffement. La fonte des glaciers continentaux, et la diminution de masse des calottes polaires expliquant le reste." Anny Cazenave.

 Je finis en vous proposant une interprétation scientifique de ces données de Janvier 2008 qui sont bien réelles!
 La fin 2007 a vu se développer dans le pacifique un phénomène nommé "la Nina". Dans les fait il se traduit par un développement très important d'eau de surface anormalement basse (d'origine profondes). Les eaux étant un puissant régulateur du climat, elles peuvent expliquer les températures atmosphériques anormalement froide pour Janvier 2008 (tendance confirmé dans les mois qui suivent, jusqu'à Mai). 
 Dans ce cadre, sachez déjà que toute interprétation, que ce soit de confirmation où d'infirmation, en terme de changement climatique et influence humaine sera particulièrement difficile cette année! Nous sommes dans une année "difficilement interprétable" car un phénomène périodique qui n'a rien d'exceptionnel se produit en ce moment, une Nina d'ampleur encore inconnue.




 

 

En haut: température de surface océanique dans le pacifique. En orange les épisodes de El Nino (s'accompagnant généralement d'années chaudes, rien à voir avec un quelconque changement climatique, c'est normal, fonctionnement habituel de la Terre), en bleu ceux de la Nina (s'accompagnant d'années anormalement froide, rien à voir avec un changement climatique, Terre normale, cyclique).

 En bas: en bleu les températures de surface de l'océan plus froide que la moyenne en mars 2008.  

Source:
http://www.aviso.oceanobs.com/fr/actualites/indicateurs-des-oceans/bulletin-el-nino/index.html



Je m'arrête là sur les questions de données, ne voulant pas justifier trop longuement ce débat que je crois stérile.


 J'ai colorié en vert certains passages qui me semblaient interessant:
Tout comme Claude Allègre, je suis aussi très méfiant sur la portée des prédictions des modèles, à 100 voir à mille an (M; Le Treut, l'un des responsable du GIEC que j'ai eu en professeur de climatologie à Paris, nous a présenté effectivement des modèle allant jusqu'à 300 voir mille an si je me rappelle bien, celà m'avait choqué et me choque toujours.) . Pourtant c'est sur la portée des prédiction et non pas sur le fond que je méfie.
 En effet, le principe d'un "modèle" est de construire une Terre virtuelle à laquelle l'on attribue certaines propriétées physiques de fonctionnement, et on qualibre ses paramètres physiques à partir d'observations réelles! Donc les modèle prédictifs du GIEC jusqu'à 2007 n'ont rien de faux. On peut uniquement dire que tout les agents physiques ne sont pas pris en compte par ces 2000 experts...Je me garderai bien de faire ce type de recommandations pour le moins prétentieuses, et à ma connaissance M. Allègre ne l'a jamais fais lui même (ce qu'il devrait vu ses propos), ses collègues s'y étant essayé ont vite déchanté. 

Par contre, lorsqu'on fait tourner ces modèles pour les années à venir, là on peut mettre en question les données qui vont venir le valider. En effet, cette fois on vérifie le modèle pysique avec des suppositions quant aux évolutions des sociétés et autres variables terrestres. Celà est beaucoup plus compliqué. Il faut bien distinguer modèle d'évolution contemporain (dont il a été démontré que l'impact de l'homme est significatif, avec barre d'erreur aussi), et essai de prévision avec ces même modèle. 
 

 Je suis M Allègre lorsqu'il se plait des attaques médiatique envers ceux qui sortiraient du moule des idées admises. Pourtant, ses méthodes à lui ne peuvent pas, même en s'y essayant, ce que j'ai fais, être qualifiées de "scientifiquement originales". La manipulation de données, et surtout la manipulation des mots avec lesquels l'on présente des données à des fins médiatique et politique n'entre pas du tout dans ma vision de l'éthique qu'un scientifique se doit d'entretenir. Je crois qu'on peut très bien faire de la Science et de la Politique. Pourtant, on doit dans ce cas en accépter les règles, ce que très souvent les scientifiques ommettent de faire.
 La règle, dans ce cas, est de reconaître que nos propos dépassent la sphère de la Science des pairs avertis, que ces propos ont une portée considérable sur la société, et peuvent nuire à cette dernière. Ce n'est pas travestir la verité que de se garder de mentionner des nuances d'ordre scientifiques, surtout si celà est fait sur le ton de la manipulation pure et simple.  

 Je soutiens que M Allègre est un scientifique indiscuttable et que lui mieux qu'aucun d'entre nous n'est à même de comprendre tous les graphiques qui nous sont proposé ces dernières années, je n'en doute pas une seconde (et je vous confirme celà car je continue à assister à des conférences dans son institut auxquelles il est parfois présent, et ses questions très pertinentes et pointus montrent qu'il est toujours ce Prix Craaford de la France...). Et c'est justement ce constat qui le rend coupable de manquement aux devoirs du scientifique dans la sphère politique et sociale. 
 
 Pour finir, je ne comprends pas, de nouveau, sur quelles données scientifiques M Allègre base son idée que le froid tue plus que le chaud. Celà est tellement vague que je ne sais comment contrer ce type de déclaration, c'est aussi ce qui les rend non scientifique et donc très peu crédible (ce contre quoi prétend lutter ce même homme).
 Peut être est-ce juste, mais mal prouvé. Je me contenterai juste de signaler qu' une augmentation du niveau des océans pourrait menacer des populations entières et que les déplacements de populations, même s'ils ne tuent pas, sont un mal également très préjudiciable non pas pour nous populations des pays occidentaux, minorités planétaire..., mais pour les plus vulnérable. C'est d'ailleurs elles qui sont surtout concernées par toutes ces questions. 
 Croit-on vraiment que tout ces scénario catastrophe s'appliqueront à nos régions? Je ne le crois pas un instant, et lorsqu'il parle d'adaptation, je crois que M Allègre sait très bien de quoi il parle. Nous allons très bien nous adapter à celà, à la différence des populations du Sud qui elles sont en équilibre fragile avec leurs conditions de vie et leurs resources. Une perte de resources halieutiques (poissons) qui menaces effectivement certaines régions posera plus de problèmes aux pêcheurs du Sud qu'à nos scientifiques qui pinaillent sur des questions de barres d'erreur. Lorsque l'on a le choix entre une parole responsable pouvant aider des millions d'humains, on doit la priviligier Ã  une autre qui ne concerne qu'un petit nombre restreint d'initier, surtout si elle ne change pas la donne.

 On pourrait discourir des heures sur ce genre de choses, mais comme vous le voyez j'espère, on ne peut faire de Science sans conscience. J'enfonce une porte qui peut parraître ouverte. Le preuve qu'elle ne l'est pas, je publie cet article et pense qu'il mérite de l'être.



 Pierre qui roule n'amasse pas mousse. 

 Matteo
 
 N'hésitez pas à m'écrire vos commentaires, où à me proposer des sujets qui vous interessent etc.

 
Pour aller plus loin, où voir autrement:

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/03/claude-allgre-m.html

http://data.giss.nasa.gov/gistemp/animations/a5_1881_2003_6fps.mov (animation sur l'évolution des anomalies thermiques)

 

 

Par Matthieu Emmanuel - Publié dans : revue de presse scientifique
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Commentaires

Merci Matthieu pour ce décryptage. C’est vrai que cet article de C. Allègre m’a pas mal posé de questions. Le changement climatique est un sujet tellement sensible, et comme tu le fais justement remarqué à la fin de ton post, ces conséquences pourraient être dramatiques pour des millions de personnes. Il est fort dommage de voir que tout et son contraire peut être écrit à ce sujet… à partir des mêmes données !

Continue à tenir informé de l’actualité scientifique, c’est une super initiative !

Claire

Commentaire n°1 posté par Claire le 05/05/2008 à 10h58
Merci Mattéo pour ton post tres éclairant. Il est clair que pour moi, sans bagage scientifique, il est difficile de décrypter le vrai du faux lorsque l'on entend des scientifiques dire une chose et son contraire sur le sujet tres épineux du changement climatique.
En parlant de l'alliance possible entre la science et la politique, j'aimerais savoir ce que tu penses du discours de notre député Yves Cochet et de son livre Pétrole Apocalypse, car je n'arrive pas à en avoir une lecture critique, excepté son pessimisme et sa proposition d'une "société de la sobriété". Car il existe certainement d'autres alternatives que la téorie fataliste de la décroissance... Qu'en penses tu? Merci :-)
Commentaire n°2 posté par mimi le 07/05/2008 à 10h10
Salut,

 Merci pour les commentaires!
Mimi, pourrais tu me dire de quelle article tu parles: Est-ce celui de 2005? Je viens de le lire, il est vrai que depuis cette date, les chose sont bien change. Quoi qu'il en soit, il y a de nombreuses choses a dire sur cette thematique des energies.
 Je suis en train de preparer un nouveau post sur le theme de l'eau et de son traitement (article de Nature de mars) car s'est une question d'enjeu global. J'aborderai peut etre le theme de l'energie ensuite.

 Sachez en tout cas que du petrole il y en a (j'ai eu des conferences de petroliers), et que les entreprises petrolieres ont des assurances jusqu'a 13 annees en avance (pour TOTAL). La question est de savoir jusqu'a quand il sera RENTABLE d'exploiter cette resource fossile. La est la question, et l'evolution de la demande, et donc des cours actuelle, renseigne sur cela...peut etre pas plus de 15 ans.

 Matthieu
Réponse de Matthieu Emmanuel le 07/05/2008 à 10h35

Poét-Poèt

"Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphère du Verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pousser plus avant dans son ordre. " René Char, Sur la poésie.

"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. " René Char

"Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'intéresse pas."
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"Si l'homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d'être regardé."
René Char, Fureur et mystère

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